Publié par : FreD - Asso St Antoine | 2 juillet 2014

Réunion publique d’information du 26 juin 2014


Je dois commencer par remercier Jacques Chibois pour l’aide précieuse qu’il nous apporte. La réunion n’aurait pas pu avoir lieu, les salles des mairies annexes étant paraît-il occupées sans arrêt.

Je remercie également les assistants qui ont accepté de sacrifier une rencontre sportive à l’examen de la question du prolongement de la pénétrante. Nous avons pu constater que beaucoup de Grassois n’étaient pas vraiment au courant de ce qui se prépare. C’est pourquoi cette réunion n’était pas une assemblée générale d’association, mais une réunion publique d’information.

La page que « Nice-Matin » lui a consacrée dit l’essentiel ; mais la réunion était longue, et le sujet difficile ; aussi, j’apporterai quelques compléments ou rectifications : il faut préciser que le prolongement de la pénétrante est ouvertement devenu un axe structurant du département : « Le nouveau projet, même s’il a évolué vers un boulevard urbain, constitue la dernière section et demeure fidèle au concept de la liaison structurante de l’ouest du département. » (Rapport 23, page 2/4). De plus, il n’est pas établi que le préfet signera la DUP, mais s’il le faisait, nous attaquerions non pas le préfet, mais la DUP.

 

Il doit être bien entendu que nos associations sont et restent apolitiques ; mais la question du prolongement de la pénétrante est une question politique, qui concerne tous les Grassois.

Je dirai donc un mot rapide sur ce point, et, comme notre réunion est une réunion d’information, je m’en tiendrai aux faits.

 

–        Première constatation : le résultat des municipales à Grasse.

Chiffres du second tour : la seule liste à soutenir le projet, c’était « Nouvel élan Grasse Viaud » (un peu plus de 40%). En revanche, près de 60% des votants, et jusqu’à 70 % en centre ville, ont choisi deux listes opposées à la continuation du prolongement de la pénétrante : « Grasse à tous », et « Rassemblement Bleu marine » (il y a entre elles des divergences politiques, mais qui ne concernent pas notre action).

 

Voici les chiffres exacts :

Nouvel Elan Grasse – Viaud 7883 Voix 41.47 %  24.62%  32  17
Liste Grasse à Tous,
Ensemble et Autrement -Euzière
7341 Voix 38.6%  22.93%  9  5
Liste Front National
Rassemblement Bleu Marine – Degioanni
3784 Voix 19.9 %  11.82%  4  2

–        Seconde constatation : Autour du président du Conseil général des Alpes-Maritimes, M. Ciotti, le projet réunit dans un même accord M. Viaud, conseiller général de Grasse-Nord, maire actuel, et M. Vinciguerra, conseiller général de Grasse-Sud. Ces résultats ne vont pas dans le sens de leur projet…

 

Je ne vais pas refaire l’historique de ce projet : nous avons suffisamment répété, depuis 1991, qu’il était non seulement à peu près inutile pour notre ville, mais aussi, nuisible à tous points de vue, et nous avons demandé, et nous demandons toujours, qu’on lance enfin des études pour un contournement de Grasse.

Après 2 DUP restées sans suite, nous avons obtenu en 2000, par l’intermédiaire de Paul Euzière, que le projet autoroutier des années 50, quand la voie traversait des zones presque désertes, aujourd’hui surpeuplées, soit annulé par le Ministre des Transports.

Mais les services de l’Etat nous ont imposé en échange, sur ce même tracé plus que périmé, la construction d’une voie dite urbaine comportant évidemment, puisque c’est le même tracé, la même série « d’ouvrages d’art » qui n’ont rien à voir avec le Parthénon, ni même, sauf la taille, avec les pyramides d’Egypte. La prétendue voie urbaine était en fait le même projet autoroutier, avec une diminution des emprises, qui restent largement suffisantes pour que le prétendu boulevard urbain redevienne voie autoroutière.

Quand, en 2006, les routes sont tombées dans le ressort du Conseil général, les politiciens et leurs services techniques, au lieu de changer le tracé, se sont contentés de reprendre le projet (mais des ronds-points acceptés à l’unanimité en 2002 pour que la voie dite urbaine soit au moins raccordée au réseau urbain ont été supprimés.)

 

Où en sommes-nous aujourd’hui ?

L’enquête publique a été lancée en septembre, et le commissaire-enquêteur, malgré une majorité d’observations contraires, a donné un avis favorable assorti de quelques réserves (ceux qui connaissent le déroulement d’une enquête publique savent pourquoi). Le Conseil général a confirmé le projet et a transmis le dossier au préfet des Alpes-Maritimes (rapport 23 CP220514) ; maintenant, le Conseil général admet ouvertement qu’il s’agit bien d’une voie structurante, une voie de passage destinée principalement aux véhicules de l’Ouest, ce qui transformerait la « Ville des fleurs et des parfums » en nœud autoroutier pollué par les gaz et les bruits.

Le préfet dispose d’un an après la fin de l’enquête publique (donc jusqu’en octobre 2014) pour signer la DUP, la Déclaration d’Utilité Publique, qui permet le lancement des travaux.

 

Mais attention

 

1-     Le préfet, qui n’a pas signé la DUP à ce jour, peut très bien ne pas la signer du tout s’il estime que le dossier ne répond pas à certaines conditions, par exemple le coût du projet mis en relation avec son utilité. Il peut tenir compte aussi des sentiments et de l’attitude de la population –d’où nos réunions. Une chose est sûre : le préfet, représentant l’État, n’est pas aux ordres du Conseil général.

2-     D’autre part, si la DUP était signée, elle serait attaquée devant le tribunal administratif : les irrégularités ne manquent pas dans le rapport du commissaire-enquêteur, sur lequel s’appuierait la DUP. Mais je n’en parlerai guère, c’est éventuellement l’affaire de l’avocat spécialisé.

3-     La DUP est une pièce administrative nécessaire pour lancer les travaux, mais elle ne fournit pas les moyens de les réaliser : il faudrait 80 millions d’euros, le vrai chiffre actuel, pour moins de deux kilomètres de route (ou de voie autoroutière). Cette somme colossale serait donc prise en charge par le Conseil général et la municipalité de Grasse (3% du total), c’est-à-dire par le contribuable.

 

Voici deux exemples pris dans le rapport RD6 185 du commissaire-enquêteur à ceux qui ont donné un avis défavorable et aux « quelques faiblesses » mentionnées par « L’autorité Environnementale » (p. 69 du rapport). Le reste, je l’ai dit, est de la compétence de l’avocat, si la DUP est signée.

Argument n° 1

Observations sur le registre de l’enquête : « Le doublement à 4 voies reste possible (observations n° 5, 16, 174, 324]. » « la pente est trop forte et accidentogène. » (2 observations : n° 144, 242).

 

Voici les réponses du Commissaire enquêteur (p. 202 et p. 149 de son rapport) :

 

–       Au sujet de la qualification « Boulevard urbain »

 

« Le projet soumis à l’enquête, bien qu’il se trouve dans le prolongement de la RD 6185 [la pénétrante], marque clairement la rupture avec l’infrastructure existante après son arrivée sur le premier giratoire plan des Castors. A partir de ce carrefour, le projet pénètre en milieu urbain et son aménagement est adapté en conséquence avec un carrefour à niveau et des franchissements pour les piétons… » 

 

Autrement dit, entre le rond-point de Saint-Jacques et celui des Castors, voie express (ou autoroutière…) !

 

–       Au sujet de l’emprise de la plateforme routière

 

« Plusieurs questions ont été soulevées sur le possible élargissement de cette voie à une 2×2 voies, ultérieurement. Il est précisé que l’emprise du projet telle qu’elle est définie à l’enquête parcellaire correspond à l’emprise définitive de la future voie qui correspond à une 2×1 voie, plus une deuxième voie pour les véhicules lents dans le sens de la montée en direction de la RD2562. De plus, le profil en travers, limité à trois bandes roulantes sur les viaducs, ne permettra pas l’aménagement d’une quatrième voie.

Un élargissement ultérieur de cette emprise n’est pas envisagé par le département. Celui-ci serait par ailleurs soumis à une nouvelle DUP. »

 

La quatrième voie est donc impossible. Très bien.

Mais cet élargissement impossible pourrait être « par ailleurs soumis à une nouvelle DUP. » !

 

L’explication probable du mystère est dans le rapport N° 23 du Conseil général :

Dans ses conclusions le commissaire-enquêteur a émis un avis favorable assorti de deux réserves et deux recommandations :

RESERVE n° 1 : « rechercher une rectification des cheminements cyclables au droit des vallons des Loubonnières et de Château Folie de manière à limiter l’impact sur le foncier et le milieu naturel. »

 

RÉPONSE DU MAÎTRE D’OUVRAGE (le Conseil général) :

 

« Le projet soumis à enquête prévoit la réalisation de pistes cyclables tantôt accolées à la plateforme routière tantôt dissociées. Dans le secteur des vallons de Loubonnières et Château Folie, le tracé de la piste est dissocié de la route et sillonne dans les vallons en suivant au mieux le terrain naturel qui est en forte pente dans ces secteurs. Ces contraintes de pentes induisent une emprise importante pour l’insertion de ces cheminements cyclables.

Compte tenu de la réserve formulée par le commissaire enquêteur pour limiter les impacts sur le foncier et le milieu naturel, le maître d’ouvrage propose de supprimer la piste cyclable qui sillonne dans les vallons entre le chemin des Loubonnières et l’avenue Frédéric Mistral et la remplacer par une piste accolée à la plateforme. Le profil retenu est donc composé de deux pistes unidirectionnelles de 1.50m chacune de chaque côté de la voie (cf  plan n°1). »

 

Et voilà comment l’impossible devient possible ; pure coïncidence, bien sûr, mais si la piste est accolée à la route, on gagne 3 mètres (1.50 m + 1.50m) : il n’y a plus qu’à supprimer la piste pour pouvoir ajouter une voie…

 

                         Informer est nécessaire, mais aussi montrer notre opposition 

                                       Adhérez et faites adhérer à nos associations. 

Publicités

Responses

  1. A la lecture des réserves du commissaire enquêteur il apparaît plusieurs incohérences dans le rapport n°23 du CG 06, notamment sur le fait qu’il est mentionné dans ce rapport que cette pénétrante sera la solution pour résoudre en partie les problèmes de circulation de la ville de Grasse. Une chose saute aux yeux à la lecture de ce rapport, Ce boulevard urbain, dans le prolongement de la pénétrante Cannes-Grasse, permettra :
    – de capter le trafic en provenance du Tignet, Peymeinade et des quartiers
    ouest de Grasse à destination de l’est et du sud de Grasse
    libérant de la capacité sur le secteur des 4 chemins et ses voies attenantes
    aujourd’hui saturées.
    De faciliter les échanges inter quartiers et renforcer la desserte locale
    fortement empruntées et non dimensionnées pour recevoir un tel trafic.

    Alors comment renforcer la desserte locale,et les échanges inter quartiers quand vous faites passer une autoroute au milieu des habitations sans aucun raccordement au réseau routier existant?

    Autres aberrations, le commissaire enquêteur préconise de diminuer les emprises en lieu et place de la piste cyclable dans les vallons des loubonnieres et de château folie de manière à limiter l’impact sur le foncier et le milieu naturel.

    Il est évident que la construction de 2 viaducs dans ces vallons n’auront bien sur beaucoup moins d’impact, comparé à une piste cyclable.

    Le maître d’ouvrage propose aussi de supprimer la piste cyclable qui sillonne dans les vallons entre le chemin des Loubonnières et l’avenue Frédéric Mistral et la remplacer par une piste accolée à la plateforme. Le profil retenu est donc composé de deux pistes unidirectionnelles de 1.50m chacune de chaque côté de la voie.

    Ceci n’est qu’un leurre, car comment sécuriser une piste cyclable sur une voie express qui est normalement interdit aux cycles de moins de 80cc, ceci est très facile à comprendre demain. Ils décideront d’abandonner les 2 pistes cyclables sur chaque voie et voilà qu’ apparaîtra une voie supplémentaire pour fluidifier soit disant le trafic, comme chacun le sait déjà, la sortie avenue Frédéric Mistral sera un bel entonnoir qui débouchera sur la route de Draguignan qui devra supporter cet afflux de véhicules.

    Gardons à l’esprit que ce genre de boulevard urbain n’a rien d’urbain.Il ressemble bien plus à une autoroute, car il vient détruire nos quartiers qui sont actuellement des lieux où il fait bon vivre dans un milieu naturel préservé.

    N’oublions pas l’enquête publique a permis au public de s’exprimer sur le projet, et de démontrer que le NON l’avait emporté.

    Ce projet et vieux de plus de 50 ans la ville de Grasse et ses communes voisines de l’ouest du département ont connues une démographie très importantes. Alors pourquoi? Vouloir à tout prix imposer aux Grassois une voie de ce type, qu’ils que ne veulent pas. Il est grand temps que le CG 06 se penche sur le projet d’un vrai contournement de la ville de Grasse, pour résoudre intelligemment ces problèmes au lieu de vouloir imposer une certaine dictature pour faire aboutir un projet qui dort dans des cartons depuis bientôt un demi siècle.

    Empêchons ce massacre annoncé.


Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Catégories

%d blogueurs aiment cette page :